Gala Innovation 2019

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(coordination Romain Debref)

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L’objet de cette table ronde est de présenter et discuter de la bioéconomie « en train de se faire » en  France. Que signifie la bioéconomie ? Quels en sont les acteurs ? Quelles sont les stratégies d’innovation qui s’y rattachent ? Comment est-elle reliée avec les objectifs du développement durable et de la croissance verte ? A partir d’études de cas, de projets de recherche et de témoignages, les nouvelles stratégies d’innovation développées par le monde de la science, les pouvoirs publics et de l’industrie (ex. business model, capital savoir, technologies, financement) seront discutées. Les nouvelles formes de collaboration, tant en matière création de supply chains, qu’en matière de nouvelle collaboration scientifique fondée sur l’interdisciplinarité entre les sciences naturelles, de l’ingénieur et les sciences humaines seront également mise en avant.

En effet, la bioéconomie est devenue depuis plusieurs années l’un des grands sujets de préoccupation des pouvoirs publics, des industriels et des consommateurs. Sa popularité tient de sa capacité à renouer les systèmes socio-économiques avec la biosphère en faisant de la biomasse (ex. végétaux) et des ressources biologiques (ex. bactéries, enzymes) des nouveaux relais de croissance et de développement. L’essor d’une société de l’après-pétrole est au cœur des feuilles de route stratégiques de l’OCDE et de la Commission européenne. Le terme « bioéconomie » reste cependant polysémique et s’opérationnalise autour de discours et des visions institutionnelles divergentes qui ne sont pas sans conséquence sur l’évolution des modes de production, des trajectoires d’innovations, mais aussi en matière d’accumulation des connaissances.

De récents travaux ont identifié trois formes de Bioéconomie ayant leurs propres dynamiques, modèles de développement et de croissance.

La première s’inscrit dans une perspective d’économie écologique où les innovations et les connaissances sont faites pour prendre en compte les contraintes de reproduction des milieux naturels ancrés sur un territoire donné. Ici, les trajectoires d’innovation contribueraient à un « nouvel âge du bois » évoluant dans la prudence, le partage mutuel et la vision du long terme en s’appuyant, par exemple, sur des stratégies d’écodéveloppement ou de « décroissance ». Quelques exemples peuvent s’y rattacher, comme certaines pratiques en agroécologie, la valorisation, la transformation et la distribution locale des produits fondés sur des compromis sociotechniques.

A l’inverse, la deuxième repose sur le développement des biotechnologies soutenu par l’OCDE, les multinationales et les start-ups. Ici, les organismes biologiques sont au service de l’économie qui les considérera comme des « micro-usines ». Les entreprises viseront ici à protéger les connaissances sous la forme de brevet et à en faire du profit. Cette trajectoire s’inscrit logiquement dans une perspective de croissance verte, mais vient aussi nourrir les espoirs d’un nouveau cycle de Kondratieff, synonyme de prospérité.

Enfin, la troisième forme de Bioéconomie s’appuie sur des innovations permettant de remplacer notre dépendance aux ressources pétrolières par l’exploitation de la biomasse. Cette transition tient d’une collaboration entre le secteur agricole/forestier et le secteur de la chimie des sucres. Bien que la bioraffinerie soit considérée comme un exemple emblématique par la Commission européenne, tant en matière d’ancrage territorial qu’en matière d’écologie industrielle, d’autres modèles alternatifs sont en train de voir le jour. C’est le cas par exemple, des biométhaniseurs offrant l’accès à de nouvelles sources de revenu pour les agriculteurs tout en assurant une certaine indépendance énergétique grâce à la valorisation de leurs coproduits. Cette forme de bioéconomie se développe plutôt dans une stratégie de moyen terme dans la mesure les innovations et les connaissances s’adaptent en fonction de l’approvisionnement des intrants.


PARTICIPANTS

Franck-Dominique Vivien

  • Professeur des Universités en Sciences économiques – Laboratoire Regards (EA 6292) Université de Reims Champagne-Ardenne
  • Codirecteur du laboratoire REGARDs (EA 6292)
  • Responsable du projet BIOCA – Bioéconomie en Champagne-Ardenne – PSDR4

Mots clés : Histoire de la pensée, épistémologie, ontologie de la bioéconomie

Pascal Grouiez

  • Maitre de conférences en Sciences économiques – Université Paris Diderot
  • Membre du LADYSS
  • Responsable du projet Metha’revenu

Mots clés : Biogaz, complément de salaire, agriculteur, ancrage territorial

Clarisse Cazals

Mots clés : bioraffinerie et agroforesterie

Discutants : Baptiste Privé ou Jean-Daniel Houeto (Doctorant Regards (EA 6292) – Université de Reims Champagne-Ardenne (à confirmer) / Sonia VEYSSIERE (Doctorante ULCO / IFSTTAR)

Mots clés : territoire, business model, transdisciplarité, méthodologie

Romain Debref

  • Maitre de conférences en Sciences économiques – Laboratoire Regards (EA 6292) – Université de Reims Champagne-Ardenne

Mots clés : introduction et conclusion de l’évènement