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Ethique et management responsable dans les banques

 

L’éthique professionnelle est devenue une attente importante de la part des employés et des clients dans une banque. Les aléas de la conjoncture économique, en perpétuelle fluctuation, ont pour corollaire le besoin ressenti par les parties prenantes de pouvoir compter sur la crédibilité de l’entreprise, d’avoir confiance dans son image et dans son positionnement dans la société.

L’actualité d’une éthique des affaires souligne la préoccupation de tout un chacun face à une perte de repères dans un environnement dont les possibilités nous dépassent. On peut dès lors se demander quelle est son efficacité et son pouvoir dans ce milieu. Comment peut-elle réguler les pouvoirs de l’agir dans notre environnement technoprofessionnel, qui exige toujours plus de performance et qui nous conduit parfois à davantage d’angoisse ?

L’éthique permet de « mieux voir », de s’interroger objectivement sur les besoins de l’entreprise et sur la manière de les satisfaire. La banque a un intérêt indéniable à se parer d’éthique afin que son management puisse mieux cerner son rôle clé et une vision davantage holistique. L’éthique peut devenir alors une stratégie redoutable dans le sens où on peut y recourir pour diagnostiquer des problèmes organisationnels et analyser des comportements individuels et collectifs qui se répètent et qui peuvent avoir un impact important sur les résultats de l’organisation.

Allier performance et une conduite toujours plus respectueuse d’autrui et donc de soi-même nous permet de travailler dans un environnement dont les parties prenantes exposent avec clarté leurs valeurs et les mettent en pratique.

Ainsi l’éthique entraîne une réelle prise de conscience par chacun de sa propre responsabilité et de la signification de ses actes. Dans une logique de responsabilité sociale des entreprises (RSE), elle concerne l’ensemble des parties prenantes, telles que nos banques, les clients, les actionnaires, les employés, tout comme la communauté en général et son environnement. Si chaque établissement bancaire se doit de définir sa vision, ses valeurs et ses objectifs, l’éthique qu’elle incarne représente la matérialisation des convictions individuelles et collectives dans la manière d’agir. Elle va définir ainsi l’ensemble des valeurs et des principes de l’organisation dans la réalité quotidienne, incarnée par ses forces vives.

La pensée éthique renforcera la confiance dans l’entreprise, le fait qu’à chaque maillon de la chaîne, on devrait prendre la bonne décision, être davantage autonome, au lieu de constater que lorsque quelque chose ne se passe pas bien et que l’on ne peut rien faire et de s’auto-renforcer dans le silence, on peut réagir et faire changer les choses.

Revenir aux sources d’une conception humaniste, c’est faire le pari de la confiance et de l’intelligence individuelle et collective de nature à nous permettre de créer les conditions d’une efficacité globale. Ces principes éthiques feront que L’esprit en équipe se matérialisera par un partage de responsabilités, et non pas par une délégation de responsabilités et par un développement d’une relation de confiance nécessaire à la pérennité de l’entreprise tout comme à la crédibilité de ses dirigeants.

Pascal, philosophe du XVIIe siècle, posait l’argument du « pari » lorsqu’il évoquait la question de l’existence de Dieu en déclarant : « Il faut parier : vous êtes embarqué ». De même, la banque n’a-t-elle pas intérêt à parier sur des valeurs morales, règles et devoirs effectifs, lesquels sont assujettis à une analyse éthique ? Les enjeux moraux qui se posent dans notre société ne nous conduisent-ils pas à parier sur la nécessité d’intégrer l’éthique dans notre management ?

Conduire l’interpellation jusqu’à l’action : « Et dans ce cas comment faire, comment s’y prendre, par où commencer ? »

 

Didier Caveng

CEFCO – Centre romand de formation continue, Lausanne, et IMSG – International Management School, Genève