Edito du mois de juillet 2017

« Le Risque : centre névralgique des affaires », par Bernard GUILLON*

Si l’intégration du risque au sein des stratégies des entreprises n’est pas nouvelle, elle reste cependant un gage de bonne volonté que leurs partenaires vont « observer », voire juger, avec plus d’attention. Peut-être parce que l’effet environnemental des années 1990 est passé par là. Peut-être aussi parce qu’évoquer le risque a nettement moins de sens que de débattre sur les risques. Même si on évoque parfois le « risque » de trop prendre en compte des politiques de préservation contre les risques ! Enfin parce que, comme souvent, les événements ont précédé les formalisations et que les conséquences en termes humains ou financiers sont malheureusement sans appel.

C’est pourquoi il faut s’intéresser aux actions « pilotes » ayant permis de se faire une première idée des conséquences que peuvent avoir des activités économiques aussi bien dans leur fonctionnement (industrie lourde, entreprises pétrochimiques, agriculture, tourisme…) que lors d’accidents spectaculaires depuis le dernier quart du vingtième siècle. Que ce soit lors du lancement d’un projet d’envergure, au cours de sa réalisation ou de l’exploitation d’un système technique, lors de son démantèlement ou bien encore lors de toute prise de décision, le risque est omniprésent. La mise en place d’actions en matière d’analyse des risques doit être complétée par une réflexion managériale sur les approches globales afin de susciter une meilleure compréhension de chacun face au risque.

Aujourd’hui, l’influence des travaux, menés dans les domaines de la sûreté de fonctionnement, de la fiabilité ou de la sécurité, est indéniable. Mais il convient d’aller plus loin dans la réflexion à la lumière de ces avancées, en adoptant une vision pluridisciplinaire de ce champ d’investigation. Le risque n’est pas seulement technique ou technologique, puisqu’il est lié, entre autres, aux facteurs naturels, humains, environnementaux, juridiques, gestionnaires ou économiques. La perception et l’acceptabilité du risque renvoient donc vers de multiples facettes qu’il convient d’étudier. C’est le cas, par exemple, du colloque francophone sur le risque Oriane (auquel s’associent 15 associations et réseaux scientifiques : A2ID, ADERSE, ADETEM, AFC, AFIRSE section française, AFMAT, AGRH, AIM, AIRMAP, A-RFGI, ATLAS-AFMI, IAS, IP&M, SPSG et GRT Normalisation & GRH), et du numéro 29 de la revue Marché & Organisations (voir : http://www.cairn.info/revue-marche-et-organisations-2017-2.htm)

* CREG EA 4580, Université de Pau et des Pays de l’Adour, guillon@iutbayonne.univ-pau.fr